Retraite Euthymia avec Stéphane Faure : quel intérêt pour le suivi ?
Par Stéphanie Evano, infirmière, praticienne en thérapies brèves et formatrice à Rezé.
Je participe à une retraite de méditation avec Euthymia, guidée par Stéphane Faure. Cette démarche s’inscrit dans mon parcours de pratique de la pleine conscience et dans ma réflexion sur la relation de soin. Son intérêt pour le suivi est d’abord une intention : approfondir la qualité de mon attention, de mon écoute et de ma présence auprès des personnes que j’accompagne.
Pour les patients, une question est légitime : quel lien existe-t-il entre ce temps de pratique personnelle et les consultations ? Voici les repères qui donnent du sens à ma démarche, en distinguant les objectifs professionnels des résultats établis par la recherche.
Une démarche de pratique et d’approfondissement
Stéphane Faure est le fondateur et l’enseignant principal d’Euthymia, organisme de formation en méditation. Il propose notamment des programmes de pleine conscience et des retraites méditatives. [1]
La pleine conscience consiste à porter attention à ce qui se passe dans l’instant, avec curiosité et sans jugement immédiat. Elle peut porter sur les sensations corporelles, les sons, les pensées ou les émotions. Mon parcours comprend déjà un programme MBSR complet — réduction du stress basée sur la pleine conscience — et des retraites silencieuses, présentés sur ma page Pleine conscience à Rezé.
Avec cette retraite, je me donne un cadre pour approfondir cette pratique. La question qui m’accompagne est simple : comment rester disponible à ce que vit une personne, tout en repérant mes propres réactions et les limites de mon intervention ?
Ce que je cherche à cultiver dans ma posture soignante
L’écoute demande du temps et de l’attention. Face à une souffrance, il peut être tentant de chercher rapidement une explication ou de proposer un exercice. Ma démarche vise à laisser une place suffisante à la compréhension de la demande avant de choisir un outil.
- Une attention disponible : repérer le moment où je prépare déjà ma réponse et revenir à ce que la personne exprime.
- Une écoute ouverte : accueillir une hésitation, une émotion ou un silence sans imposer une interprétation.
- Une juste distance : rester engagée dans la relation tout en reconnaissant mes propres réactions émotionnelles.
- Une attitude d’apprentissage : garder la possibilité d’ajuster une proposition et de reconnaître qu’elle ne convient pas.
Ces points constituent des axes de travail personnel et professionnel. Ils ne sont pas des compétences que la seule participation à une retraite permettrait de considérer comme acquises.
Quel intérêt concret dans le suivi des patients ?
Dans le suivi, la traduction recherchée est très concrète : construire un accompagnement avec la personne, en tenant compte de ses préférences, de son état de santé et de ce qu’elle observe entre les séances.
| Point d’attention | Traduction recherchée dans le suivi |
|---|---|
| Écouter avant de proposer | Clarifier ce qui gêne la personne et ce qu’elle souhaite voir évoluer. |
| Respecter le rythme | Choisir, si cela convient, une pratique brève et ajustable, avec la possibilité de l’interrompre. |
| Accueillir le ressenti réel | Entendre aussi bien un apaisement qu’un inconfort ou une absence d’effet. |
| Soutenir l’autonomie | Identifier ensemble les ressources utilisables au quotidien et les situations nécessitant une autre aide. |
Par exemple, si une personne dit que se concentrer sur sa respiration l’inquiète, ce retour doit guider la suite. Nous pouvons décider d’arrêter l’exercice, de garder les yeux ouverts, de porter attention à l’environnement ou de privilégier un échange verbal. Il n’y a aucune obligation de poursuivre pour « réussir » la séance.
Le suivi permet ensuite de poser des questions simples : « Est-ce que cette proposition vous a été utile ? », « À quel moment ? », « A-t-elle provoqué un inconfort ? ». Les réponses comptent davantage que l’idée qu’une même méthode devrait convenir à tout le monde.
Ce que montrent les études — et ce qu’elles ne permettent pas de conclure
Les recherches sur les retraites et celles sur les programmes de pleine conscience répondent à des questions différentes. Une méta-analyse de 2017 portant sur 21 études et 2 912 participants suggère des améliorations de plusieurs dimensions du bien-être psychologique après des retraites. Les méthodes et les retraites étudiées sont toutefois très hétérogènes, ce qui limite la généralisation des résultats. Ces travaux portent sur les participants, et non sur les patients qu’un soignant pourrait ensuite accompagner. [2]
Une méta-analyse de données individuelles publiée en 2023 retrouve, chez des adultes en contexte non clinique, une diminution moyenne de la détresse psychologique après des programmes structurés de pleine conscience, par rapport à des groupes témoins sans intervention active. L’effet est observé entre un et six mois après le programme. Il ne démontre pas qu’une retraite personnelle produit les mêmes effets, ni que quelques exercices ajoutés à un suivi sont équivalents à un programme complet. [3]
Concernant l’ajout de pratiques méditatives à une psychothérapie individuelle, une revue de 2023 souligne le faible nombre d’études disponibles. Dans l’unique essai quantitatif inclus, l’ajout de brèves méditations n’améliorait pas davantage les symptômes que les modalités comparées. Cette constatation ne prouve pas une absence d’utilité dans toute situation ; elle invite à évaluer les propositions au cas par cas. [4]
Les études citées ne permettent donc pas d’attribuer une amélioration des résultats de mes patients à ma participation à cette retraite. L’intérêt que je lui donne concerne l’approfondissement de ma pratique personnelle et la réflexion sur ma manière d’accompagner.
Une pratique proposée avec discernement
La méditation n’est pas toujours apaisante. Une revue systématique rapporte notamment des expériences d’anxiété et d’humeur dépressive pendant ou après certaines pratiques. Les méthodes de recueil et les contextes étant très différents, ces données ne permettent pas de prédire le risque individuel dans une consultation donnée. [5]
Une attention particulière est nécessaire lorsqu’une personne a vécu un traumatisme ou trouve les exercices déstabilisants. [4] En pratique, votre accord, vos préférences et votre ressenti orientent le choix des propositions. Une aggravation ou un inconfort persistant conduit à interrompre la pratique et à réévaluer la situation avec un professionnel compétent.
Une retraite personnelle, un exercice d’attention et un programme thérapeutique structuré correspondent à des cadres différents. La participation à une retraite ne vaut pas, à elle seule, certification pour enseigner un programme MBSR. Les pratiques proposées au cabinet s’inscrivent dans mes compétences et complètent, lorsque cela est pertinent, le parcours de soins.
Poursuivre un accompagnement ajusté à Rezé
Cette retraite avec Euthymia et Stéphane Faure représente, dans mon parcours, un engagement à continuer d’apprendre et à interroger ma pratique. Pour vous, l’essentiel reste de pouvoir être entendu, participer aux décisions et dire librement ce qui vous aide ou ce qui vous convient moins.
Vous pouvez découvrir la place de la pleine conscience dans mon accompagnement, consulter mon parcours et mes formations ou retrouver les modalités de consultation sur la page Tarifs et contact.
Références et limites de la recherche documentaire
Recherche documentaire ciblée réalisée le 18 octobre 2026, non exhaustive. Cet article présente une démarche professionnelle et des informations générales ; il ne remplace pas une évaluation clinique individuelle.
[1] Euthymia. Stéphane Faure. Présentation institutionnelle, consultée en 2026. Cette source identifie l’enseignant et son rôle dans l’organisme. Elle décrit son activité et ne constitue pas une étude d’efficacité clinique.
[2] Khoury B, Knäuper B, Schlosser M, Carrière K, Chiesa A. Effectiveness of traditional meditation retreats: A systematic review and meta-analysis. Journal of Psychosomatic Research, 2017 ; 92 : 16–25. DOI : 10.1016/j.jpsychores.2016.11.006. Revue systématique et méta-analyse sur les effets psychologiques de retraites. Le résumé consulté rapporte des résultats favorables mais hétérogènes ; il ne permet pas de conclure à un bénéfice pour les patients de professionnels participants.
[3] Galante J, Friedrich C, et al. Systematic review and individual participant data meta-analysis of randomized controlled trials assessing mindfulness-based programs for mental health promotion. Nature Mental Health, 2023 ; 1 : 462–476. DOI : 10.1038/s44220-023-00081-5. Méta-analyse d’essais randomisés en contexte non clinique. Elle soutient un bénéfice moyen de programmes structurés sur la détresse psychologique face à des témoins passifs ; cette comparaison ne démontre pas une supériorité sur un traitement actif.
[4] Goldberg SB, Anders C, Stuart-Maver SL, Kivlighan DM III. Meditation, mindfulness, and acceptance methods in psychotherapy: A systematic review. Psychotherapy Research, 2023 ; 33(7) : 873–885. DOI : 10.1080/10503307.2023.2209694. Revue de l’intégration de ces méthodes dans la psychothérapie individuelle de l’adulte. Avec seulement trois études incluses, elle souligne les incertitudes sur leur apport spécifique et ne porte pas sur l’effet des retraites suivies par les thérapeutes.
[5] Farias M, Maraldi E, Wallenkampf KC, Lucchetti G. Adverse events in meditation practices and meditation-based therapies: a systematic review. Acta Psychiatrica Scandinavica, 2020 ; 142(5) : 374–393. DOI : 10.1111/acps.13225. Revue systématique des événements indésirables rapportés dans différents contextes de méditation. Elle justifie une attention aux réactions difficiles ; l’hétérogénéité des études limite l’estimation d’un risque individuel et l’attribution causale de chaque événement.
